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Accueil-Articles - Les Produits Laitiers... Bons Ou Mauvais , sur Centre d'entraînement Katalysis

Les produits laitiers... bons ou mauvais

Un verre de lait c’est bien, mais deux c’est mieux ! Combien de fois avons-nous entendu cette fameuse phrase ? Certainement des centaines de fois. Mais est-ce que le lait est réellement aussi bon pour la santé qu’on le prétend ? Voici laquestion à laquelle les deux prochains articles tenteront de répondre.

Table des matières

  1. Première Partie
    1. Introduction
    2. Pourquoi consommons-nous autant de produits laitiers
    3. Produits laitiers et intolérance alimentaire
    4. Composition du lait
  2. Deuxième Partie
    1. Lait et calcium
    2. Santé des os
    3. Préoccupations de santé concernant le lait et les enfants
    4. Recommendations
  3. Références

Introduction

L’expert en nutrition du Centre d’entraînement Katalysis, Simon St-Jean, s’est penché sur la question et a ressorti plusieurs études scientifiques qui traitent des produits laitiers et de l’impact sur la santé des gens. Il mettra le tout en relation avec son expérience sur le terrain. Le premier article traitera donc des raisons qui poussent les nord-américains à consommer des produits dérivés du lait ainsi que des intolérances alimentaire en lien avec ces produits.

 

Pourquoi consommons-nous autant de produits laitiers ?

 

La majeure partie de la population nord-américaine consomme une quantité substantielle de produits laitiers. Il n’est d’ailleurs pas rare d’entendre quelqu’un parler de produits laitiers dans la même phrase que régime alimentaire équilibré. Plusieurs raisons expliquent cette consommation. 

Premièrement, le gouvernement recommande la consommation de lait, de yogourt et de fromage, tant bien qu’il en fait un groupe alimentaire à part entière au sein du guide alimentaire canadien. Évidemment, plusieurs suivront ces recommandations établies par le gouvernement. Guide alimentaire canadien régime

 

Deuxièmement, les producteurs de lait autant que le gouvernement alimentent l’idée qu’une alimentation riche en produits laitiers est essentielle pour la santé ainsi que pour le développement de l’enfant. On promeut évidemment l’apport important en calcium dans la prévention de l’ostéoporose ou des fractures et dans le développement osseux de l’enfant.

 

Troisièmement, le lait a relativement toujours fait partie des valeurs alimentaires des Nord-Américains. Nous n’avons qu’à penser à l’exemple québécois qui mise beaucoup sur la production de lait, de yogourt, de fromage, de beurre, etc. Comme nous en produisons beaucoup, il est en quelque sorte naturel d’en consommer. On ne se pose pas vraiment la question puisque nous en avons toujours mangé.

 

Quatrièmement, les produits laitiers permettent d’augmenter notre apport en protéine sans avoir à se faire cuire de viande. Ils sont donc très pratiques en collation autant que pour un repas rapide. Cet apport en protéines en fait d’ailleurs un aliment de choix pour les végétariens qui en font souvent l’apport protéique de base de leur alimentation.

 

Et dernièrement, plusieurs pourront vous dire à quel point c’est bon ! 

 

Produits laitiers et intolérance alimentaire

 

Les intolérances font maintenant partie d’une expertise que j’ai acquise au fil des années. Plusieurs clients viennent me voir afin de régler des problèmes qu’ils ont avec leur alimentation. Certains viennent même pour un traitement thérapeutique et sortent de la séance avec une restructuration de leur alimentation pour régler une problématique de douleur. Les intolérances peuvent aller aussi loin que cela.

 

Ainsi, il est important de réaliser qu’avant tout, nous sommes un des seuls sinon le seul mammifère sur la planète à consommer du lait après avoir été allaité. Non seulement nous en consommons longtemps après cette période, ce lait provient en plus d’une autre espèce. De surcroit, il a été transformé et manipulé, que ce soit par un processus de pasteurisation, ou d’homogénéisation. Bref, ce lait de vache ou d’un autre animal a subi un processus de transformation.

 

Voici d’ailleurs un tableau qui illustre bien la composition du lait humain versus celui de la vache et du buffle.  

 

Lait maternel versus lait de vache et lait de bison

 

Le système digestif est un des systèmes les plus complexes qui soient. Sachez qu’à l’intérieur même de ce système, nous avons ce que nous pourrions définir comme un deuxième système immunitaire à lui seul. À partir du moment où les aliments entrent dans la bouche, ce système de défense s’assure que tout ce qui va passer la paroi intestinale soit sain pour le corps humain. En d’autres mots, le « système immunitaire du système digestif » évacuera ou attaquera tout composé qu’il jugera comme un ennemi potentiel ou comme une particule inutile.

 

Ces réactions se traduiront par des maux de ventre, de la diarrhée, potentiellement des vomissements, des maux de tête, des éruptionscutanées, une fatigue importante, etc. En fait, votre système digestif essaie d’éliminer ce qui est nocif pour lui et tente par la même occasion de vous transmettre le message que cet aliment que vous venez d’ingérer est mauvais pour vous.  

Maux de ventre mal de ventre crampes intestinales brulement d'estomac

 

Dans des termes plus scientifiques, Barbeau définit la tolérance alimentaire comme « un phénomène complexe qui implique l’activation de mécanismes immunitaires protecteurs localisés au niveau de l’intestin et l’inhibition d’une réaction immunitaire systémique potentiellement pathogène » Ainsi, si l’aliment n’est pas toléré, l’activation de ces mécanismes immunitaires créera les réactions énoncées ci-haut.

 

Revenons maintenant aux produits laitiers. Nous pourrions parler d’intolérance au lactose et dire qu’à partir de l’âge d’environ 4 ans, la production de l’enzyme lactase qui permet la digestion du lactose du lait diminue progressivement. Nous irons cependant plus loin que de parler du lactose contenu dans le lait. Nous parlerons des produits laitiers dans leur ensemble, avec la plupart des molécules qu’ils contiennent. Ainsi, pour simplifier la lecture, nous allons commencer à utiliser le terme « lait » pour tous ses dérivés.

 

Composition du lait

 

Tel que mentionné au début de la section sur le lien entre le lait et les intolérances, le lait de vache (le plus consommé) contient bien plus que du lactose, des protéines, des lipides (gras), du calcium et du phosphore. Dans plusieurs cas, le lait contient des pesticides, des hormones, des antibiotiques, des biphényles polychlorés (PCBs), des dioxines et autres contaminants. D’ailleurs, selon Bhandari, « les produits laitiers seraient responsables de 25 à 50% de la consommation moyenne de dioxine» qui, soit dit en passant, serait associée au cancer au même titre que les PCBs. 

 

De plus, nous pouvons lire dans le Encyclopedia of Dairy Sciences que d’autres contaminants comme la mélamine (!!!), souvent retrouvée dans le plastique, sont présents dans le lait. Ce contaminant aurait des effets très négatifs sur les reins et le système urinaire étant donné sa forte concentration en nitrogène. Notez par contre, qu’au Canada, l’ajout d’hormones de croissance (rBST) est interdit.  

 

Bref, le lait a été transformé par différents processus comme la pasteurisation et l’homogénéisation. Ces procédés permettent d’éliminer plusieurs bactéries et ont donc leur forces, mais en conclusion, ils ont pour effet de modifier la composition chimique du lait. En modifiant cette composition, vous affectez ainsi la capacité du corps à tolérer (expliqué par Barbeau) cet aliment. Une réaction immunitaire s’active donc pour tenter de réagir à cet aliment non reconnu comme étant un «ami».

 

Il va sans dire, à travers mes années d’expérience en nutrition, j’ai pu tester énormément d’intolérances alimentaires, notamment des intolérances aux produits laitiers. Selon mes observations, avec mes clients, imaginez-vous donc que 100% d’entre eux obtenaient différents symptômes d’intolérance aux produits laitiers. 100%. La gravité des symptômes était pour chaque personne, très variable  : acné, diarrhée, douleurs intestinales, ballonnements, maux de tête voir des migraines, coups de fatigue, douleurs articulaires, crise d’arthrite, etc. Est-ce qu’ils savaient tous qu’ils avaient une intolérance ? Pas du tout. Plusieurs ont réalisé que certaines réactions qu’ils croyaient normales étaient en fait associées aux produits du lait. 

 

En somme, il va sans dire que d’un point de vu gastro-intestinal, le lait est considéré comme un aliment provoquant une réaction inflammatoire et donc immunitaire. Les réactions sont de toutes sortes. Certaines sont plus graves que d’autres et certains seront prêts à vivre avec ces réactions, tandis que d’autres non. Tout compte fait, l’objectif de cet article était de vous illustrer les effets cachés du lait. 

 

Ceci étant dit, qu’en est-il de mon apport en calcium et de la santé de nos os si nous diminuons notre consommation de produits laitiers ?

 

Lait et calcium

 

Une des raisons, sinon la raison la plus mise de l’avant pour consommer du lait tous les jours est certainement l’importance d’un bon apport en calcium. À force d’entendre à quel point le lait est important pour nous, nous avons l’impression que si nous oublions de boire un verre de lait, nos os vont se désagréger. C’est dire à quel point on insiste sur ce point.

 

Mais réfléchissons un peu. Pour plusieurs populations, le lait représente une très faible partie de la diète alimentaire. Et pourtant, les problématiques associées à une carence en calcium, notamment l’ostéoporose ou des fractures, ne sont que très faiblement représentées dans ces populations.  

 

D’ailleurs, plusieurs études ont démontré qu’au contraire, le risque de fracture est plus important chez les populations qui consomment d’importantes quantités de calcium. Plus de 600 mg de calcium (facilement atteignable sans consommer de produits laitiers) semblerait d’ailleurs complètement superflue afin de maintenir une santé osseuse. 

 

Santé des os

 

Plusieurs études cliniques démontrent que la consommation de lait ou ses dérivés n’ont que très peu, sinon aucun effet sur la santé des os. En 2005, Pediatrics a publié une étude démontrant que la consommation de lait n’améliorait pas la santé osseuse chez l’enfant. En 2012, une étude a su démontrer qu’il n’y avait aucun lien entre la consommation de lait et la prévention des risques de fracture chez les jeunes filles adolescentes. On obtient d’ailleurs les mêmes conclusions dans une importante étude faite sur 18 000 femmes pendant 18 ans  (Feskanich, 2003)

 

Le composé qui est réellement important afin de maintenir une santé osseuse est la vitamine D. Notez que sans la vitamine D, le calcium est seulement absorbé à 10-15%. Bref, le meilleur moyen de maximiser l’assimilation de son calcium est de manger des aliments qui en contiennent, tout en étant exposé au soleil puisque le soleil permet d’obtenir de la vitamine D. Des suppléments sont aussi disponibles. La vitamine D3 est la meilleure option.

 

Préoccupations de santé concernant le lait et les enfants

 

Les experts dans le domaine affirment que le lait de vache n’est pas recommandé pour les bébés et les nouveau-nés pour différentes raisons. Selon le American Academy of Pedriatrics, le lait de vache serait à proscrire pour les enfants de moins de un an étant donné qu’il contient moins de fer que le lait maternel humain.

 

Aucun parent n’aime voir son enfant souffrir de coliques. Selon plusieurs pédiatres, le lait de vache serait très souvent responsable des coliques chez les enfants. De plus, les  femmes qui allaitent pourraient aussi voir leur enfant souffrir de coliques si elles-mêmes consomment du lait de vache. 

 

On observe même que les enfants qui consomment du lait de vache ont plus souvent des allergies que ceux qui n’en consomment pas.

 

Est-ce un lien de causalité ? Absolument pas. Par contre, nous faisons ici une observation qui nous permet de faire un lien entre le lait et les allergies.

 

Recommandations

 

Plusieurs d’entre vous pourraient, après la lecture de ces quelques lignes, croire que le lait est un aliment toxique et dangereux pour la santé. En fait, je ne dirais pas cela; pas du tout. L’objectif derrière cet article est de vous illustrer que le lait a été beaucoup trop mis de l’avant au fil du temps pour les différentes raisons que nous avons énumérées.  

 

Il faut garder en tête que le lait devient, dès le début de l’enfance, un aliment que le corps ne tolère plus bien, et que cette simple raison fait de ce dernier un aliment qui doit être consommé avec modération. Je compare un peu le yogourt, le lait, la crème glacée ou le fromage à un aliment qui n’est pas reconnu comme étant « bon pour la santé », mais qui fait plaisir. Un peu comme des jujubes ou du fast-food. En effet, le sucre et le fast-food sont « mauvais pour la santé ». Du moins, ils contiennent beaucoup de calories et peu de nutriments en plus d’être peu sinon pas du tout tolérés par l’organisme. Même si une fois de temps en temps, en consommer peut faire plaisir, on n’en fera jamais un groupe alimentaire.

 

C’est à ce niveau que j’ai un problème avec le lait et ses dérivés : ils ne devraient pas être considérés comme un groupe alimentaire. Bien au contraire, nous devrions les consommer avec modération pour donner du goût à une recette ou simplement pour se faire plaisir. Encore une fois, tout est une question d’équilibre.

 

Simon St-Jean, Expert en nutrition


 

Sources :

  1.  BARBEAU WE. Interactions between dietary proteins and the human system : implications for oral tolerance and food-related diseases, Adv Exp Med Biol, 1997
  2.  Bhandari SD, Schmidt RH, Rodrick GE. Hazards resulting from environmental, industrial, and agricultural contaminants. N.J, John Wiley & Sons, Inc, 2005

  3.  Baars AJ, Bakker MI, Baumann RA, et al. Dioxins, dioxin-like PCBs and nondioxin- like PCBs in foodstuffs: occurrence and dietary intake in the Netherlands. Toxicol Lett, 2004

  4.  Fischer WJ, Schilter B, Tritscher AM, Stadler RH. Contaminants of milk and dairy products: contamination resulting from farm and dairy practices. Encyclopedia of Dairy Sciences. 2nd ed. San Diego, CA, Academic Press, 2011

  5.  Feskanich D. Willett WC. Colditz GA. Calcium, vitamin D, milk consumption, and hip fractures: a prospective study among postmenopausal women, American Journal of Clin Nutrition, 2003

  6.  Lanou AJ. Berkow SE. Barnard ND. Calcium, dairy products, and bone health in children and young adults: a reevaluation of the evidence, Pediatrics, 2005

  7.  Sonneville KR. Gordon CM. Kocher MS. Pierce LM. Ramappa A. Field AE. Vitamin D, calcium, and dairy intakes and stress fractures among female adolescent,. Arch Pediatric Adolescence Med, 2012

  8.  Holick MF. Garabedian M. Vitamin D: photobiology, metabolism, mechanism of action, and clinical applications, 2006

  9.  Gartner LM. Morton J. Lawrence RA et al. Breastfeeding and the use of human milk. Pediatrics. 2005

  10.  Jarvinen KM. Makinen-Kiljunen S. Suomalainen H. Cows milk challenge through human milk evoked immune responses in infants with cows milk allergy, Journal of Pediatry 1999

  11.  Host A. Frequency of cows milk allergy in childhood, Ann Allergy Asthma Immunology, 2002

 

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